Les bacs en Suisse – une vue d’ensemble
litra. (11.2.2009) Bien qu’ils soient pratiquement absents de l’Indicateur officiel, les 34 bacs font aussi partie des transports publics. En général, les statistiques officielles les ignorent également.
Les services rendus par les (grands) bacs sont appréciés non seulement par les automobilistes qui, en traversant le lac, peuvent raccourcir leur temps de parcours et éviter des bouchons. Les randonneurs et les amateurs de tours en vélo sont, eux aussi, très heureux de les utiliser pour rejoindre l’autre rive d’un lac ou d’un cours d’eau. Mais la planification de leur excursion n’est pas toujours aisée. En effet, la plupart des bacs permettant de franchir des rivières ne figurent pas dans l’Indicateur officiel. Mis à part les bacs pour voitures automobiles, qui transportent aussi les autres usagers, seul le bac sur le Rhin Tössegg–Buchberg figure dans l’Indicateur officiel, sous le cadre-horaire 3765. Inutile de chercher les bacs dans la statistique «Les transports publics», publiée par l’Office fédéral de statistique. Sous la rubrique «Navigation» figurent seulement les bateaux voguant sur les lacs ainsi que les trois bacs à voitures automobiles du Lac des Quatre-Cantons, de Zurich et de Constance. Tous les autres bacs – qui font partie pourtant des transports publics – sont ignorés. L’Office fédéral du développement territorial (ARE) et l’Office fédéral des transports (OFT) publient conjointement la statistique «Les installations de transports touristiques en Suisse» (statistique ITT). Elle mentionne toutes les installations à câbles exploitées en Suisse (téléskis, télésièges, funiculaires ainsi que les chemins de fer à voie étroite et les chemins de fer à crémaillère à vocation essentiellement touristique. Mais cette statistique ne contient, elle non plus, pas du tout les bacs qui peuvent pourtant être considérés à bien des endroits comme moyen de transport touristique par excellence.
La vue d’ensemble des bacs, publiée par le Service d’information LITRA est intéressante à plusieurs titres. Elle montre notamment que, sur les 34 bacs recensés, 10 sont transfrontaliers. Ils relient la Suisse à l’Allemagne par voie d’eau. Outre les bacs pour les voitures et ceux qui sont guidés par un câble, la liste contient quelques liaisons fluviales permettant aux randonneurs d’éviter de grands détours. Les personnes désireuses d’utiliser les transports publics de manière optimale et de ne pas être entravées par des cours d’eau ou des lacs auraient intérêt à se munir de ce petit tableau.
Encadrés
Le bac desservant la prairie «Zehendermätteli» près de Berne doit-il être déplacé ? litra. La procédure de consultation relative aux ouvrages prévus pour protéger les rives de l’Aar contre les inondations mentionne que le bac qui dessert la prairie bien connue des Bernois en tant que petit paradis naturel situé dans une boucle du fleuve devrait éventuellement être déplacé en aval. Des études sont menées à ce sujet car le bac ne peut plus circuler lorsque le niveau de l’eau est trop bas. Jusqu’ici, l’Aar était excavée à cet endroit pour permettre la circulation du bac, mais les pêcheurs s’opposent à cette pratique car, à leur avis, elle détruit les endroits où les poissons déposent leurs œufs. Par ailleurs, il s’est avéré que l’effet des excavations était très éphémère, les alluvions comblant très rapidement le fossé où circule le bac. Le déplacement du bac devrait porter définitivement remède à cette malencontreuse situation.
Une voiture oubliée sur le bac ! litra. L’anecdote suivante montre combien relaxante peut être une traversée lacustre en bac. Elle s’est passée sur le bac reliant Horgen à Meilen, localités situées sur les rives opposées du lac de Zurich. À l’arrivée du dernier bac diurne, que de nombreux piétons utilisent également, un automobiliste de 26 ans a quitté la bateau à Meilen. À peine descendu, il se rendit compte que son véhicule avait disparu et avisa la police du lac. Entre-temps, l’équipage du bac avait remarqué non sans un certain malaise que la voiture demeurée sur le bac n’avait pas de conducteur. Que s’était-il passé ? Le conducteur était-il tombé dans le lac ? S’était-il jeté à l’eau ? La police du lac informa immédiatement l’exploitant du bac. En empruntant la toute dernière course, l’automobiliste pu retourner à Horgen pour y prendre possession de sa voiture. Malheureusement pour lui, il dut traverser la digue de Rapperswil pour rejoindre l’Oberland zurichois et faire ainsi un long détour. Mis à part le prix du billet supplémentaire, il n’eut aucun frais à couvrir. Il y a fort à parier qu’il ne récidivera pas !
«Parfois, aussi plus tard !» litra. Pour les usagers des transports publics suisses, il est normal que les horaires des trains, des bus et des bateaux soient indiqués en minutes. Ils savent aussi que les horaires sont généralement respectés. Il n’en va pas de même pour les bacs fluviaux. Lorsqu’ils se trouvent sur la rive opposée, ceux-ci doivent souvent être appelés au moyen d’une cloche. Les horaires ne sont pas affichés partout et sont parfois aléatoires. Lorsque la météo n’est pas favorable, il arrive que les heures de circulation soient réduites le soir. En revanche, elles peuvent être prolongées quand il fait beau temps. Pour indiquer ces variations, le bac St-Alban circulant à Bâle donne l’indication «I’sch d’Fahne uff em Dach – fahrt d’Fähri übere Bach», ce qui signifie en français «Si tu vois un drapeau sur le toit, le bac circule pour toi !». Quant au bac situé au pied de la cathédrale, il n’est pas très explicite en ce qui concerne l’heure du dernier passage. Il mentionne simplement: «Parfois aussi plus tard !». Les Bâlois ont vraiment le sens de l’humour !
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