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LITRA: fonds « infrastructures » et crédit de planification pour l’arrêté fédéral NLFA 2

(Berne, 3.10.02). Un système de transport moderne et performant est aussi un élément appelé à jouer un rôle essentiel dans une économie suisse forte et dynamique, a déclaré le chef du Département fédéral des affaires étrangères, le conseiller fédéral Joseph Deiss, au forum des transports de cette année de la LITRA à Berne. Par ailleurs, la réalisation d’une politique des transports durable est essentielle. Pour la création d’une sécurité en matière de planification et d’investissements, la mise en place d’un fonds « infrastructures » pour le trafic privé doit être examinée, a suggéré le président de la LITRA, le conseiller aux Etats Bieri. Ce fonds devrait également permettre de couvrir les besoins du trafic d’agglomération privé et public. L’assemblée de la LITRA a également élu différentes personnalités du domaine des transports et de l’industrie en qualité de nouveaux membres du comité.

En ce qui concerne notre politique des transports, nous nous trouvons sur la voie de dépassement pour aller vers une politique des transports favorable à l’environnement et à l’économie, a déclaré le conseiller fédéral Joseph Deiss en introduction au forum des transports de la LITRA ayant pour thème « La politique des transports c’est (aussi) de la politique extérieure». En même temps, si le libre-échange accroît la prospérité, les barrières commerciales l’entravent. C’est pourquoi un système de transport moderne et performant est un élément appelé à jouer un rôle essentiel dans une économique suisse forte et dynamique. Les investissements dans les infrastructures assurent en outre la compétitivité des régions où les structures économiques sont peu développées. Notre industrie des transports s’est, elle aussi, développée au point de devenir un facteur économique de premier plan, a constaté Deiss. En 2000, les seules commandes passées à l’économie nationale par les entreprises de transport publiques o­nt assuré – directement ou indirectement – près de 100'000 places de travail. Dans ce rapport, le ministre des affaires étrangères a rappelé aux exportateurs suisses la création récente des « Swiss Business Hubs » à l’étranger. Huit de ces « business hubs » existent déjà. D’autres suivront cette année à Londres, Paris et Moscou et en 2003 à Dubaï et Varsovie. Ce réseau, le « Business Network Switzerland », a pour effet d’améliorer encore le professionnalisme de la promotion des exportations, en particulier pour les PME.

Le conseiller fédéral Deiss a également notifié au forum des transports que selon une étude sur les conséquences de la motorisation globale, l’effectif mondial actuel des voitures de tourisme de 500 millions devrait plus que quadrupler d’ici l’an 2030, passant ainsi à 2,3 milliards de véhicules. Ensemble avec la forte consommation de combustibles fossiles, les pays industrialisés sont responsables de 90% des émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. En Suisse aussi, les prévisions tablent sur une croissance du trafic motorisé individuel de 16 à 31 pour cent d’ici l’an 2020. Dans le marché européen – et notamment après l’élargissement aux pays d’Europe orientale –, le trafic des marchandises devrait doubler d’ici 2020. La réalisation d’une politique des transports durable est donc essentielle. La ratification des protocoles additionnels de la Convention alpine permettra de faire un pas important dans cette direction. Les protocoles ne vont pas plus loin que le droit national en vigueur, leur application n’exige aucune modification légale. Les mêmes normes seront appliquées dans tous les pays alpins et nous évitons de discriminer nous-mêmes notre économie.

En ce qui concerne le trafic marchandises à travers les Alpes, la sécurité doit avoir la priorité, également au Gothard, a déclaré le conseiller fédéral Deiss. Afin de prévenir de nouvelles difficultés, il faut améliorer aussi, à court et moyen terme, l’offre de la chaussée roulante. Et pour le transfert à long terme de la route au rail, le mode de transport le plus rationnel est le transport combiné non accompagné et le transport par wagons complets. En 2007, par l’inauguration du tunnel du Lötschberg, le tournant décisif se produira pour le transfert du trafic. En collaboration avec l’Italie, la Suisse veut améliorer l’offre ferroviaire et sa qualité en garantissant des raccordements sûrs. Dans ce domaine aussi, la diplomatie sera sur la brèche. D’autre part, le passage des frontières en train doit lui aussi se faire avec plus de fluidité. La seule manière de concevoir une politique des transports conforme aux impératifs du développement durable est de définir une stratégie globale pour tout l’espace alpin européen et, au-delà, pour notre continent.

« La vie ne se comprend que par un retour en arrière, mais o­n ne la vit qu’en avant ! ». C’est avec cette pensée du philosophe danois Sören Kierkegaard (1813 – 1855) que le président de la LITRA, le conseiller aux Etats Peter Bieri (PDC/ZG), a commencé son allocution présidentielle lors de l’assemblée des membres de la LITRA et de nombreux invités du milieu politique, des transports, de l’industrie, de la Confédération, des cantons, des sciences et d’organisations faîtières. Parce qu’il est notoire que la politique des transports ne consiste pas seulement à déplacer des êtres humains et des marchandises, il vaut la peine de s’interroger régulièrement sur l’importance qu’elle revêt dans notre vie. Aussi, le conseiller aux Etats Bieri a-t-il placé son exposé sous la devise « la politique des transports est aussi un élément de la politique économique et de la politique nationale ». Nous devons être très reconnaissants à nos ancêtres d’avoir créé les CFF, il y a 100 ans, et aussi d’avoir construit le tunnel ferroviaire du St-Gothard, il y a 120 ans.

Si, aujourd’hui, nous redoublons d’efforts pour adapter le réseau des transports publics aux besoins actuels et futurs, nous sommes tournés vers l’avenir ou, autrement dit, nous « vivons en avant ». En même temps, un système de transport moderne doit être un système durable à la fois du point de vue économique, social et environnemental.

Sur un franc investi aujourd’hui dans la construction, le renouvellement et l’entretien de nos infrastructures de transport routières et ferroviaires, 41 centimes sont dépensés pour les chemins de fer et 59 centimes pour les routes. Au début des années septante encore, les rapports étaient de 16 à 84 centimes. Un transfert des investissements s’avère également nécessaire, parce que les bouchons journaliers et les effondrements du trafic routier se multiplient. Des voies de trafic performantes et attractives sont les voies d’une société d’abondance, a déclaré Bieri. Ainsi, l’économie et les êtres humains de notre pays seront en mesure d’évoluer. Des voies de communication attrayantes forment également le creuset, dans lequel se soudent les liens qui confèrent à la Suisse, une nation comprenant quatre cultures et quatre langues, des grands centres et des régions périphériques, sa puissante force de cohésion.

Pour cela, il faut la sécurité dans le domaine de la planification et des investissements, tant pour le trafic privé que pour le trafic public dans les villes et les agglomérations. Le trafic d’agglomération dans son ensemble représente un grand projet. En de nombreux endroits, il maîtrise un volume de trafic dépassant de loin celui du Gothard. Après l’adoption, par le Conseil des Etats, de l’article 86, 3e alinéa sur le trafic d’agglomération dans le cadre de la nouvelle péréquation financière (NPF), un grand pas a été fait dans cette direction. Par villes et agglomérations, o­n entend les quelque 50 agglomérations grandes, moyennes et petites selon la définition de l’Office fédéral de la statistique, a clairement souligné le président de la LITRA. Par analogie au fonds pour le financement de l’infrastructure des transports publics, il s’agit maintenant d’examiner la création d’un fonds « infrastructures » permettant de couvrir les besoins du trafic d’agglomération privé et public.

En rapport avec le trafic marchandises routier croissant à travers les Alpes, le président a renvoyé au fait que les axes de transit helvétiques constituent encore aujourd’hui les liaisons les plus courtes entre le Nord et le Sud. Il semble que les avantages qui en découlent compensent largement la charge que représente la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP), dont le taux est trop faible. Tout porte à croire que, pour les transporteurs routiers, il est encore intéressant de transiter la Suisse en dépit du danger de bouchons et des longs temps d’attente sur les passages alpins. Il ne faut pas oublier non plus que le relèvement successif de la RPLP jusqu’à son taux maximum, qui sera atteint en 2005, ne fait que compenser l’augmentation de la limite du poids admis de 28 à 40 tonnes et par conséquent ne pas avoir l’effet de canalisation du trafic souhaité.

Dans ce contexte, une diminution du prix du diesel et, par conséquent, du transport routier saborderait la politique de report du trafic sur le rail de la Suisse.

En rapport avec les ouvrages de raccordement NLFA dont la réalisation a été différée, il s’agit d’accorder le plus rapidement possible un crédit de planification qui conduira à un nouvel arrêté fédéral NLFA 2, a avancé Bieri. Cet arrêté comprend, sur l’axe du Gothard, les liaisons entre Arth-Goldau et Erstfeld, y compris la variante uranaise en long tunnel (« Bergvariante lang ») ainsi que le tronçon entre le portail nord du tunnel de base du Monte Ceneri comprenant la traversée de la plaine de Magadino, le contournement de Bellinzone et la nouvelle ligne Gnosca – Guistizia. Pour l’axe du Lötschberg, il s’agit de l’achèvement du deuxième tube du tunnel entre Ferden/Mitholz et Frutigen, qui permettra d’assurer le transport des voitures automobiles, ainsi que de la construction d’un nouveau tunnel au flanc du Niesen. Lors de l’approbation du crédit de planification par le Conseil fédéral et le Parlement, il sera important de connaître de quelle volonté l’Allemagne et surtout l’Italie feront preuve pour renforcer et moderniser les lignes de raccordement aux axes de transit. Ce serait un non-sens de voir la Suisse disposer de lignes ferroviaires de transit modernes et performantes et de constater qu’au sud de Domodossola par exemple, elles aboutissent encore sur ces tronçons à simple voie.

Les membres de la LITRA o­nt également élu en qualité de nouveaux membres du comité MM. Walter Straumann, conseiller d'Etat et président de la Conférence cantonale des directeurs des transports publics, Hubert Keiber, directeur et membre de l’administration de Siemens Schweiz AG, Zurich ; Thomas Kieliger, président de la direction d’Electrowatt Infra AG, Zurich ; Paul Schneebeli, président d’Alstom Schweiz AG, Oberentfelden et Peter Teuscher, chef d’entreprise de BLS AlpTransit AG, Thoune.


Download


Exposé présidentiel de Monsieur Peter Bieri, conseiller aux Etats, Hünenberg ZG, 66e assemblée ordinaire des membres de la LITRA

MV02_Referat_Bieri_f.pdf (36.2 kB)


Discours du Conseiller fédéral Joseph Deiss à l’occasion de la Journée annuelle de la LITRA

MV02_Referat_Deiss_f.pdf (40 kB)

 

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