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La Confédération doit s'investir davantage dans le trafic urbain et d'agglomération

(Berne, 18.9.97). Les besoins liés au trafic urbain et d'agglomération ont cédé le devant de la scène aux grands projets des transports publics (NLFA, Rail 2000, raccordement au réseau à grande vitesse, mesures contre le bruit), aux négociations bilatérales avec l'UE, à la conception de la redevance poids lourds liée aux prestations et aux problèmes inhérents aux transports de marchandises. La LITRA estime dans son rapport annuel 96/97 qui vient de paraître que cette évolution porte atteinte à la cohérence de la politique des transports et qu'il s'agit d'y mettre un terme. Elle tient en outre pour indispensable un engagement renforcé de la Confédération dans ce domaine. Or, c'est précisément le contraire qui se passe actuellement. Sur les sept millions d'habitants que compte notre pays, cinq vivent dans cinquante agglomérations et 9 villes. Cela représente 70 pour cent de l'ensemble de la population.

Les villes et les agglomérations souffrent de la croissance du trafic pendulaire, du déplacement des populations qui viennent gonfler les agglomérations et, partant, des changements qui s'opèrent en matière d'imposition fiscale, ainsi que des incommodements propres à tous les centres. La Confédération se décharge d'un nombre croissant de tâches, sans donner les moyens aux cantons et aux communes de résoudre les problèmes qui se posent, en particulier dans les domaines de la protection de l'air et de la lutte contre le bruit. Aucun pays en Europe accorde si peu d'aide que la Suisse pour résoudre les problèmes liés au trafic urbain et d'agglomération, précise la LITRA dans son rapport. Les villes et les agglomérations accomplissent aussi des tâches d'intérêt national ou dépassant celui d'une seule région. C'est ainsi que, selon les indications consignées dans l'opuscule de la LITRA, les charges occasionnées par le trafic dans les grandes villes se montent à 700 francs par habitant et par an.

La LITRA en conclut qu'un engagement plus important et plus efficace de la Confédération en matière de financement du trafic individuel et des transports publics dans les villes et les agglomérations est plus urgent que jamais. Sont visées en premier lieu les recettes de la Confédération provenant des droits de douane sur les huiles minérales. Un meilleur accès aux sources financières de la Confédération est d'autant plus justifié que les deux tiers des droits en question sont encaissés dans les villes et les agglomérations.

Les automobilistes tirent profit de transports publics performants dans les villes et les agglomérations, ainsi qu'il ressort d'une enquête également publiée dans le rapport annuel de la LITRA. Cette enquête révèle en effet que le trafic automobile est plus fluide à Berne, ville dont la part de trafic par les transports publics est la plus élevée en Suisse, que dans les autres grandes villes de ce pays.

La LITRA déclare en outre sans ambages en ce qui concerne la réforme des chemins de fer que celle-ci ne peut aboutir que si les chemins de fer suisses bénéficient des mêmes conditions initiales que les réseaux étrangers, tels les chemins de fer allemands SA. A défaut, les chemins de fer suisses seront les grands perdants. Leur capacité concurrentielle sur le marché suisse s'en trouvera réduite, d'où des conséquences négatives sur l'emploi dans l'industrie de fourniture de matériel ferroviaire et dans la construction. De l'avis de la LITRA, une redevance poids lourds liée aux prestations de 3 centimes au moins est nécessaire pour engendrer un effet de canalisation du trafic. Au-dessous de 3 centimes, l'exercice serait une classique opération blanche, coûteuse, qui consisterait simplement à remplacer la limite de poids de 28 tonnes appliquée aux poids lourds. Limite qui a fait ses preuves en nous protégeant contre une avalanche de camions sur nos routes. La LITRA aborde également d'autres sujets d'actualité liés à la politique des transports, tels les effets négatifs de la TVA sur le nombre de voyageurs transportés, le trafic des marchandises sur les différents axes alpins et l'état d'avancement des grands projets de transports publics. Enfin, en se référant au niveau tarifaire appliqué dans l'Union européenne, elle indique pourquoi la Suisse devrait demander 1300 francs par camion de l'UE en transit à travers notre pays, et non 360 francs comme le veut ladite Union.

Le rapport annuel contient une foule d'informations présentées sous la forme illustrée ou graphique sur l'actualité en matière de politique des transports. La LITRA a, à l'instar des années précédentes, consigné tous les événements importants se rapportant à la politique des transports dans une chronique des transports. Ce document, unique en son genre en Suisse, est plus volumineux que d'habitude en raison de la multitude de sujets que l'actualité nous a réservée.

   
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