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Le besoin de rattrapage des transports publics

(Berne, 8.10.98). Par un oui, à fin novembre, au projet de financement des NLFA, de Rail 2000, des raccordements au réseau européen à grande vitesse et aux mesures de protection contre le bruit, le peuple suisse donnera aux transports publics la possibilité de moderniser une partie de leur réseau ferroviaire, de sorte qu'elle soit perçue par les utilisateurs comme le sont les autoroutes par l'automobiliste. C'est en ces termes que, lors de l'assemblée des membres de la LITRA, son président, l'ancien conseiller aux Etats Niklaus Küchler, a décrit le besoin de rattrapage des transports publics face au trafic individuel. Lors du forum des transports de la LITRA, Heinz Dürr, président du conseil d'administration de la Deutsche Bahn AG, et Benedikt Weibel, président de la direction générale des Chemins de fer suisses, se sont exprimés au sujet de la coopération et de la concurrence entre les chemins de fer européens. L'assemblée de la LITRA a en outre élu son nouveau président en la personne du conseiller aux Etats Peter Bieri (PDC/ZG), de Hünenberg.

"Nous nous trouvons en quelque sorte à la veille d'une étape de modernisation des transports publics qui n'a de comparable, en matière d'amélioration des performances, que le lancement de l'horaire cadencé il y a 16 ans ou la construction du tunnel du Gothard il y a 112 ans". En s'exprimant ainsi lors de l'assemblée ordinaire des membres de la LITRA, le service d'information pour les transports publics, son président, l'ancien conseiller aux Etats Niklaus Küchler, a relevé l'importance du scrutin fédéral de fin novembre sur la nouvelle réglementation du financement des grands projets de transports publics. La somme de 1,5 milliard de francs par an qui est nécessaire pendant les vingt prochaines années doit être comparée avec les 2 milliards que la Confédération dépense chaque année pour achever le réseau autoroutier. Les agglomérations et les régions, où 70 pour cent de la population suisse réside, sont nécessaires pour obtenir une majorité populaire en faveur du projet de financement des transports publics (FTP). Des citoyens et des citoyennes qui devraient également percevoir des avantages dans le projet FTP. La seconde étape de Rail 2000 peut tout particulièrement répondre aux besoins des régions. Le président de la LITRA a en outre demandé des assurances concrètes au Conseil fédéral, afin que le trafic régional ne fasse pas l'objet d'économies allant au-delà de celles prévues dans le programme de stabilisation.

Une confirmation des bonnes intentions de la Confédération pourrait être donnée par exemple en commençant sans tarder les travaux préliminaires pour le 9e crédit-cadre destiné aux entreprises de transport concessionnaires.

Lors du forum des transports de la LITRA, Heinz Dürr, président du conseil d'administration de la Deutsche Bahn AG, Berlin, et Benedikt Weibel, président de la direction générale des Chemins de fer suisses, se sont exprimés au sujet de la coopération et de la concurrence entre les chemins de fer européens. L'orateur allemand a relevé qu'il existait différents modèles de séparation entre l'infrastructure et le transport dans le secteur ferroviaire en Europe, en dépit d'une directive de l'UE. Et de poursuivre que la réponse variait d'un pays à l'autre quant à la question de savoir qui avait accès à l'infrastructure ferroviaire et quel prix devait être payé pour son utilisation: il existe aussi de nombreuses formules de prix. Cela va des coûts entiers en Allemagne en passant par des prix fixés par l'Etat en France jusqu'au tarif zéro aux Pays-Bas. Dürr s'est dit partisan de davantage de véritable concurrence sur le rail, à la condition toutefois que les conditions soient équitables pour tous les acteurs opérant sur le marché. Cela veut dire que les entreprises de chemin de fer européennes opérant actuellement sur le marché doivent être libérées de leurs fardeaux et de leurs hypothèques dans une mesure au moins aussi forte que celle dont o­nt bénéficié les Chemins de fer allemands. Il n'est en effet pas pensable qu'elles se lancent dans la bataille commerciale, affublées d'un lourd fardeau, pour se mesurer à des entreprises nouvellement fondées qui, fortes d'une organisation limitée au strict minimum et d'une productivité élevée, peuvent proposer des offres bon marché et se concentrer sur quelques marchés rentables. De surcroît, tous les pays n'accordent pas le même droit lors des mises en adjudication des commandes de prestations de transport; tant s'en faut. Le principe de réciprocité est violé, a-t-il encore précisé. Dürr a insisté sur le fait que les chemins de fer européens n'auront de chance de maintenir, voire d'accroître leur part de marché en trafic international à moyen à moyen terme qu'à la faveur de coopérations. Cela est particulièrement vrai pour les petits chemins de fer. C'est que le client veut des solutions globales et un seul interlocuteur. Dürr a encore relevé que l'idée des Freightways va certes dans cette direction, mais qu'elle est demeurée sans succès jusqu'ici, seuls les sillons restants étant proposés.

Le président de la direction générale CFF, Benedikt Weibel, considère également la concurrence entre les chemins de fer de manière positive. Son constat: le trafic des marchandises en Suisse est caractérisé par une part de marché certes en baisse, mais néanmoins très élevée en comparaison avec les autres réseaux ferroviaires européens, par une part élevée en trafic de transit et par un accroissement de la part des transports combinés qui sont d'un faible rapport et dont les recettes font l'objet d'une érosion permanente.

Selon les enquêteurs de marché, les chemins de fer opèrent toujours dans le sens d'une addition d'institutions nationales et non comme un chemin de fer proposant une offre de première qualité en trafic international. C'est ainsi que le couloir Belgique-France-Espagne, qui est géré selon le modèle de coopération traditionnelle par les chemins de fer, enregistre des transports supplémentaires, alors qu'aucun nouveau trafic n'a pu être acquis sur le Freeway Rotterdam-Allemagne-Suisse-Italie fonctionnant selon le principe du libre accès.

Les transports combinés augmentent certes, mais ne sont guère rentables en raison de marges trop faibles; le trafic des wagons complets isolés ou l'acheminement de groupes de wagons généralement par des voies de raccordement laisse en revanche une marge élevée, mais la qualité de prestations laisse à désirer. La promotion du trafic conventionnel des wagons complets est une tâche prioritaire des chemins de fer, quand bien même, curieusement, les instances politiques misent essentiellement sur les transports combinés, a encore précisé Weibel. Soit les chemins de fer parviennent à augmenter leur volume de fret en réduisant massivement les coûts, soit ils sont contraints d'abandonner les transports de marchandises proposés sur tout le réseau. Pour les CFF, seuls la Deutsche Bahn AG et les Ferrovie italiane entrent en considération comme partenaire au niveau européen, compte tenu de la structure du trafic. Weibel espère que les chemins de fer concurrents portent leurs efforts en premier lieu sur de nouveaux potentiels pour le rail et ne pourchassent pas en priorité des trafics existants. Il est en outre étonnant d'observer une forte recrudescence de nouvelles régulations liées à la libéralisation des transports de marchandises par chemin de fer, et certains indices portent à croire que ces (sur)régulations vont encore s'accroître, a-t-il poursuivi.

L'assemblée des membres a élu, en remplacement du président de la LITRA démissionnaire, l'ancien conseiller aux Etats Niklaus Küchler, le conseiller aux Etats Peter Bieri (PDC/ZG), Hünenberg, à la tête du forum des transports. Ce dernier compte quelque 350 membres des secteurs de la politique, de l'économie, des transports et des autorités. Feront désormais partie du comité de la LITRA en tant que nouveau membre: le conseiller national Caspar Baader (UDC/BL), Gelterkinden, le conseiller national Peter Föhn (UDC/SZ), Muothatal, la conseillère aux Etats Erika Forster-Vannini (PRD/SG), St-Gall, le président du conseil national Ernst Leuenberger (PS/SO), Soleure, le conseiller aux Etats Renzo Respini (PDC/TI), Lugano, Prof. Hans Peter Fagagnini, directeur général CFF, Berne, Daniel Landolf, directeur des Cars postaux suisses, Berne, le conseiller d'Etat H. Lei, président KöV, Frauenfeld et Urs Schlegel, secrétaire général DG CFF, Berne.


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Benedikt Weibel, président de la direction générale des CFF

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