La navigation sur le Rhin et les transports publics
litra. (23.9.2008) La loi sur le transfert du trafic est débattue actuellement au Conseil national. Le projet de législation concernant le trafic marchandises vise à exploiter le potentiel de transfert en trafic import/export et en trafic intérieur, mais aussi et surtout, en trafic de transit. La navigation sur le Rhin fait partie des acteurs. Or, elle n’a reçu jusqu’ici aucune contribution fédérale à l’enseigne du transfert du trafic marchandises. Ce, quand bien même, selon la récente publication de la «série jaune» de la LITRA, les ports rhénans suisses – l’unique plaque tournante trimodale de la Suisse – recèlent un important potentiel de transfert. Bâle doit son existence à une situation favorable au bord du Rhin du point de vue stratégique. En tant qu’Etat signataire de l’acte de Mannheim, la Suisse bénéficie d’un accès à la mer garanti par le droit international. Comme il ressort de la récente brochure jaune du service d’information des transports publics LITRA, Bâle est une plaque tournante dont la compétence en matière de logistique est reconnue loin à la ronde. Grâce au raccordement optimal des ports rhénans au réseau routier et ferroviaire national et international et à des réserves de capacité non négligeables, la navigation fluviale peut contribuer de manière significative au transfert du trafic de marchandises et, partant, au décongestionnement durable de la route et du rail.
Selon la publication de la LITRA, le bateau est indéniablement le mode de transport le plus sûr, tant pour les marchandises que pour les passagers. Ce qui explique que près de 50% des marchandises dangereuses sont acheminées par bateau.
Indiscutablement, les perturbations atmosphériques et les aléas du climat ont une influence sur la voie fluviale qu’est le Rhin. Les longues périodes de hautes eaux sont fort heureusement rares; des solutions, tels des bateaux à faible tirant d’eau, ont été trouvées pour tenter de faire face aux basses eaux.
Les ports rhénans suisses forment la plus importante plate-forme nationale de transbordement pour de nombreux groupes de marchandises, tels les conteneurs, les huiles minérales, les produits agricoles, l’acier et les produits métallurgiques. Les clients des ports rhénans se voient proposer une offre de prestations qui satisfait toutes les exigences requises d’une plate-forme multimodale, est-il relevé dans la publication de la LITRA. L’approvisionnement du Plateau suisse (env. 70%) et le trafic de transit entre le Benelux/l’Allemagne et l’Italie (env. 20%) constituent la majeure partie des transbordements. La navigation sur le Rhin et les ports rhénans assument ainsi une tâche nationale en matière d’approvisionnement. Les importations acheminées par bateau sur le Rhin au départ des ports maritimes (13%) sont presque aussi importantes que celles acheminées par le rail et par les pipelines (17% pour chaque mode de transport).
Les transports par bateau constituent l’épine dorsale du commerce mondial et de l’industrie de la logistique, dès lors que la majeure partie des échanges commerciaux est effectuée par bateau. Du point de vue stratégique, un raccordement efficient du pays aux ports maritimes demeurera essentiel pour lui permettre de participer aux échanges de marchandises intercontinentaux à l’avenir.
La navigation sur le Rhin ne se reflète pas dans la politique de transfert de la Confédération, quand bien même sa contribution au transfert du trafic marchandises est substantielle grâce à ses capacités de transport et à son infrastructure. Les prestations de la navigation fluviale et des ports rhénans sont reconnues du point de vue de l’économie nationale et de la politique environnementale.
Les transports par wagons complets constituent l’épine dorsale du trafic ferroviaire d’importation et d’exportation des ports rhénans. Ils représentent 4,3 millions de tonnes ou 78 % des 5,5 millions de tonnes du fret ferroviaire enregistré au départ et à l’arrivée, alors que le trafic combiné atteint 1,2 million de tonnes ou 22 %. Le volume des transports par wagons complets est ainsi presque quatre fois plus élevé que celui du trafic combiné. L’encouragement en termes financiers des transports par wagons complets (et non seulement du trafic combiné comme cela a été le cas jusqu’ici) aurait un effet sensiblement plus important sur le transfert du trafic de la route sur le rail, que la classe politique appelle de ses vœux.
Forts de leurs quelque 104'000 unités transbordées (2007), les ports rhénans exploitent la plus importante plate-forme de conteneurs en Suisse. La poursuite du transport de la majeure partie (plus de 70%) des marchandises arrivées par bateau dans les ports rhénans est assurée par le rail! L’objectif de 650'000 trajets de camion à travers les Alpes ne pourra pas être atteint d’ici à 2009. Aussi des mesures d’accompagnement supplémentaires sont-elles nécessaires en sus d’un nouvel accroissement de la productivité. Une stratégie consistant à ne pas axer la politique de transfert sur la multimodalité et à tenir à l’écart le potentiel des ports rhénans – l’unique plate-forme marchandises trimodale de la Suisse – comporterait d’importants risques. Une optique multimodale s’impose.
Les Chambres fédérales en ont pris conscience. La loi fédérale visant à transférer sur le rail le trafic de marchandises à travers les Alpes est actuellement débattue au Conseil national (seconde Chambre). Les débats portent en particulier sur la question de savoir comment exploiter la totalité du potentiel de transfert du trafic marchandises ferroviaire en substituant un abaissement général du prix des tracés à l’encouragement des seuls secteurs des conteneurs et de la chaussée roulante. La commission des transports du Conseil national se penche en outre actuellement sur les dispositions insérées par le Conseil des Etats en tant que première Chambre, qui prévoient qu’à l’avenir une faible partie de l’enveloppe mise à disposition par la Confédération pourra également être affectée au trafic combiné de la navigation sur le Rhin.
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