37 fois par an en train !
litra. Les statistiques de l’UIC qui viennent de paraître montrent que chaque habitant de notre pays a, en moyenne, emprunté 37 fois le train en l’an 2004. Nulle part en Europe, le train n’est aussi utilisé. Ce classement flatteur est dû à l’offre très étoffée et attractive des entreprises de transport public, ainsi qu’à la modernité et au confort du matériel roulant et des installations. Pour que les gares demeurent des lieux de rencontre attrayants, il est indispensable que la modification de la loi sur le travail soit acceptée lors de la votation populaire du 27 novembre. Ainsi, les commerces des grandes gares et des aéroports suisses pourront rester ouverts le dimanche. À l’échelle mondiale, seul le Japon fait mieux que la Suisse, avec 67 voyages par habitant et par année. Pour ce qui est des distances parcourues par habitant et par an, la Suisse figure également au deuxième rang avec 1'739 kilomètres, derrière le Japon qui totalise 1'897 kilomètres.
La synthèse de la statistique des chemins de fer 2004 de l’Union internationale des chemins de fer classe le Luxembourg loin derrière la Suisse (30 voyages par an et habitant), puis le Danemark (28), l’Autriche (24) et l’Allemagne (21). De toute l’Europe, la Moldavie, la Turquie, la Grèce et l’Albanie figurent en queue de liste avec un seul voyage par année et par habitant, de même que la Macédoine, la Bosnie et Herzégovine, qui n’arrivent même pas à un voyage.
En ce qui concerne les distances parcourues par an et par habitant, la Suisse mène au niveau européen avec 1'739 kilomètres. Elle est suivie de Bélarus/Biélorussie (1'418 km), France (1'219 km), Russie (1'099 km), Ukraine (1'098 km) et Autriche (1'021 km). La Bosnie et Herzégovine figurent, ici également, en queue de liste avec 14 kilomètres.
Le calcul des voyages et des kilomètres-voyageurs ne tient compte que des compagnies de chemin de fer qui sont membres de l’Union internationale des chemins de fer (UIC). Il s’agit en général des réseaux nationaux ou appartenant à l’Etat. En ce qui concerne la Suisse, les Chemins de fer fédéraux (CFF), la compagnie du chemin de fer du Lötschberg (BLS), les sociétés BLS Cargo et Cisalpino SA font partie de l’UIC. Tous les autres réseaux ferrés suisses (chemins de fer privés, compagnies de trams et entreprises de transport à câble) ne sont donc pas pris en considération dans la statistique UIC. Par rapport à l’année précédente (2003), la position de la Suisse est inchangée pour ce qui est du nombre de parcours en train. En revanche, le nombre des kilomètres parcourus a légèrement régressé, passant de 1'751 à 1'739 kilomètres. Il va se soi que ce bilan flatteur pour la Suisse est dû aussi aux nombreux touristes qui utilisent le train lors de leurs séjours dans notre pays.
Il est dans l’intérêt de tous les participants au trafic de maintenir le haut niveau de qualité et d’attractivité des transports publics suisses. Les automobilistes, notamment, en bénéficient du fait du nombre plus réduit des bouchons et de l’accroissement de la fluidité du trafic sur les routes. L’environnement y gagne également, du fait de la réduction de la pollution atmosphérique, de même que la sécurité et le gain de mobilité de notre société. Pour que les transports publics puissent conserver leur attractivité, il est nécessaire que les gares soient sûres et animées. Cela est possible à la condition que le peuple suisse dise OUI à la modification de la loi sur le travail le 27 novembre. Ainsi, les 25 plus grandes gares et les aéroports de Suisse disposeront de la base législative qui fait défaut aujourd’hui pour tenir les magasins ouverts le dimanche, comme jusqu’ici. En cas de vote négatif, 150 commerces situés dans les gares et les aéroports suisses devraient fermer leurs portes. Des centaines d’employées et employés devraient être renvoyés, leurs places de travail ayant été supprimées. Des assortiments entiers devraient être barricadés en raison du jugement du Tribunal fédéral qui interdit l’engagement de personnel vu l’absence d’une base juridique. Les aires des gares, aujourd’hui ouvertes et animées, deviendraient ténébreuses et sinistres. Une ambiance qui est, comme chacun sait, propre à engendrer la criminalité et à mettre en danger la sécurité des passants, des voyageurs, des employés et des touristes.
Mais la haute qualité et les performances des transports publics suisses sont fondées aussi sur le fait que les entreprises ferroviaires sont des entreprises intégrées. En d’autres termes, cela signifie que les domaines du transport et celui de l’infrastructure ne sont pas séparés juridiquement. Ils le sont uniquement sur le plan de l’organisation. Ainsi, ces deux domaines sont placés sous une seule et même direction, ce qui permet à cette dernière d’offrir le produit global «transport public», en en portant l’entière responsabilité. Comme l’ont démontré les expériences faites dans d’autres pays, la séparation des secteurs du transport et de l’infrastructure par le biais de la création de sociétés juridiquement indépendantes et séparées l’une de l’autre conduit nécessairement à un affaiblissement des chemins de fer. Le résultat est une augmentation des coûts, une stagnation ou un recul du nombre des usagers et une diminution de la sécurité.
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