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(Berne, 5.10.00). E-commerce, l'extension de l'UE vers l'est, la conjoncture en hausse, la mobilité croissante liée aux loisirs, l'accord sur les transports terrestres sont autant d'éléments qui favorisent la croissance du trafic et, partant, les bouchons sur nos routes. Le trafic risquant d'être paralysé, il y a lieu de développer les transports publics en site urbain et périurbain de manière ciblée et de lancer rapidement une réforme ferroviaire plus. C'est en ces termes que le président du service d'information pour les transports publics (LITRA), le conseiller aux Etats zougois Peter Bieri, par ailleurs réélu pour une nouvelle période administrative, s'est adressé à un parterre de personnalités des milieux politique, économique et des transports lors de l'assemblée des membres. Les bouchons et les embouteillages figurent presque quotidiennement à l'ordre du jour en ville et en banlieue, voire entre les grands centres urbains, a déclaré le président de la Litra au cours de son allocution. Et de poursuivre: cette situation met les nerfs de la population, mais aussi des techniciens et des politiciens à fleur de peau. on peut le comprendre. Aussi s'agit-il de prendre rapidement des mesures. La priorité devrait être accordée à un développement ciblé des transports urbains et périurbains, susceptible de décongestionner les routes sur lesquelles des flux de trafic croissants sont enregistrés. L'investissement nécessaire à court et à moyen terme serait de l'ordre de 2 à 2,5 milliards de francs. Comparé aux 30 milliards de francs affectés à la réalisation des grands projets de transports publics (NLFA, Rail 2000, raccordements au réseau européen à grande vitesse et mesures antibruit), ce montant paraît modeste. Ce, d'autant plus si l'on considère que quelque 70 pour cent de la population vit dans les villes et les banlieues. Il va sans dire que des moyens devraient également être consacrés aux routes. Des projets et des plans concernant toutes les grandes villes et les agglomérations dorment dans les tiroirs, faute d'argent.
Le président de la Litra considère qu'une source de financement pourrait être mise à profit relativement rapidement. Il s'agit pour cela de remettre en vigueur l'ordonnance sur la séparation des trafics. Puis, il a lancé l'idée d'un «centime urbain», c'est-à-dire d'une surtaxe sur les carburants. Des opportunités se présentent également dans le cadre de la première et de la seconde étape de Rail 2000. Les coûts de la première étape seront vraisemblablement de 1,5 milliard de francs inférieurs au budget. De sorte que ce montant pourrait être affecté aux grands projets et au développement des transports urbains et périurbains moyennant un complément à apporter à la décision du peuple et des Etats portant sur le financement des grands projets de transports publics (FTP). Peter Bieri a aussi fait référence à d'autres sources de financement, telles les taxes de stationnement et des formules mixtes du type Public Private Partnership. Enfin, il considère que la formule des péages (Road pricing) ne devrait guère devenir plus populaire ces prochaines années.
Une réforme ferroviaire «plus» visant à décongestionner les routes devrait porter essentiellement sur les entreprises de transport concessionnaires (ETC), a lancé Peter Bieri en faisant référence à l'assainissement de la structure financière des ETC, souvent défavorable, à l'exemple des mesures prises en faveur des CFF, à l'optimisation des petites entités, à l'assainissement des participations peu limpides au capital des entreprises et à une meilleure transparence des comptes. D'autres réformes sont également nécessaires dans le cadre de la loi sur les chemins de fer, a-t-il ajouté, telles une optimisation de la procédure d'appel d'offres et des délais d'adjudication, la libre affectation des bénéfices, la libre formation des prix, l'harmonisation du financement du matériel roulant, l'égalité de traitement du chemin de fer et des services de bus, ainsi que la prévention contre le dumping salarial.
Enfin, Peter Bieri a mis le doigt sur une lacune caractérisant le développement des transports publics en Suisse. Une fois la réalisation de la première étape de Rail 2000 achevée en 2004, plus aucuns moyens provenant du fonds FTP ne seront pratiquement à disposition pour assurer le développement de l'offre nationale, en particulier les réseaux RER, de 2005 à 2012. Les fonds seront en effet affectés à la construction des nouvelles lignes ferroviaires à travers les Alpes durant cette période. Et Peter Bieri de conclure: il importe que les instances politiques y réfléchissent sans tarder et qu'elles trouvent les moyens et la voie permettant de réaliser sans interruption le concept d'offre de Rail 2000 (2e étape).
Les membres de la Litra ont en outre élu dix personnalités au comité du forum des transports. Il s'agit des quatre conseillères et conseillers nationaux, Marlyse Dormond (PS/VD), Jacqueline Fehr (PS/ZH), Ursula Haller-Iseli (UDC/BE) et Fabio Pedrina (PS/TI), des quatre conseillers aux Etats, Peter Briner (PRD/SH), Rolf Escher (PDC/VS), Thomas Pfisterer (PRD/AG) et Hansruedi Stadler (PDC/UR), ainsi que des représentants de l'économie Alex Naef, carrosserie Hess SA, Bellach et Alfred Ruckstuhl, PDG de Adtranz DaimlerChrysler Rail Systems (CH) SA, Zurich. Le conseiller aux Etats Peter Bieri (PDC/ZG) a été réélu comme président, alors que les autres membres du comité se sont vu reconduire dans leur fonction. Les membres de la Litra ont élu l'industriel thurgovien et conseiller national UDC Peter Spuhler, Stadler Rail Group, Bussnang, comme nouveau vice-président, en remplacement du vice-président sortant Pierino Piffaretti, directeur de Schindler Technique SA, Pratteln.
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