72e assemblée ordinaire des membres et forum des transports de la LITRA
(Berne, 2.10.08). Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger, chef du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et des communications (DETEC), s’est exprimé au sujet de la politique des transports et de l’infrastructure de la Suisse lors du forum des transports de la LITRA. Le président de la LITRA, le conseiller aux Etats Peter Bieri (PDC/ZG), a pour sa part souligné toute l’importance que revêt la poursuite d’une politique de développement constructive en matière de financement des investissements dans l’ensemble du trafic, qui vise à couvrir les besoins particulièrement avérés. Les membres de la LITRA ont en outre élu leur comité pour une nouvelle période administrative en le complétant par de nouveaux membres, lors de leur 72e assemblée ordinaire des membres.
«Les transports publics ont le vent en poupe; ils sont même de temps à autre victimes de leur succès». C’est en ces termes que le conseiller aux Etats Peter Bieri a ouvert jeudi les feux de la 72e assemblée ordinaire des membres. Les transports publics ont accru successivement leur part de marché ces dernières années dans le secteur voyageurs. Les investissements effectués dans Rail 2000 et dans de nombreux projets cantonaux et communaux ont laissé des traces. Nombre d’offres sont toutefois à nouveau proches de la saturation, a relevé le président de la LITRA et de la commission des transports du Conseil des Etats, Peter Bieri, devant les représentants de la politique, des transports et de l’économie. Et de citer un internaute que l’ouverture pleinement réussie du premier métro suisse, le M2 à Lausanne, et sa véritable prise d’assaut par 40 – 50'000 passagers par jour ont enthousiasmé: «Génial – voilà de l’argent bien investi».
Le président Peter Bieri s’est ensuite félicité de l’utilisation croissante des transports publics dans toutes les régions du pays. Les usagers font quotidiennement leurs expériences au contact des projets réalisés grâce aux investissements, des chantiers actuels et des problèmes qui ne sont pas encore résolus sur le réseau de transports publics. Le financement à long terme des investissements et la charge croissante liée à l’exploitation et à l’entretien des infrastructures constituent cependant un réel sujet de préoccupation. Il importe que les bénéfices dégagés par le trafic grandes lignes soient affectés au financement du matériel roulant. Les CFF y consacreront quelque 20 milliards de francs d’ici à 2030 (12 milliards en faveur du trafic grandes lignes et 8 milliards pour le trafic régional). Les amortissements croissants et les coûts toujours plus élevés de l’entretien sont pris en charge au travers de la convention de prestations, conformément à la loi sur les CFF. La marge de manœuvre supplémentaire des chemins de fer continuera à s’éroder si leur enveloppe financière n’est pas augmentée.
Se pose la question, dans une optique globale, de savoir s’il n’est pas opportun d’avoir recours de manière plus marquée au principe de causalité pour financer le trafic. Dans l’affirmative, se pose ensuite la question de la voie à emprunter pour y parvenir. L’amélioration de la rentabilité et de l’efficience en matière de subventions constitue un préalable important pour que les transports publics puissent accroître leur part de marché. Le report des coûts sur les prix de transport ne peut toutefois être opéré de manière illimitée, compte tenu des conditions cadre qui prévalent pour l’ensemble de la société et, plus particulièrement, en matière d’économie, de relations sociales et d’écologie.
S’agissant de la formation des prix en fonction de l’heure ou de la demande, le président de la LITRA, Peter Bieri, a souligné qu’une part du capital de sympathie dont jouissent les transports publics dans la population pourrait en l’occurrence être galvaudée selon l’option retenue. Il faut veiller à ce que les trains, les trams et les bus circulant aux heures creuses soient rendus plus intéressants au travers d’offres bon marché et non percevoir des prix plus élevés aux heures de pointe. Il importe que des produits supplémentaires soient affectés au financement d’investissements dans le secteur de la mobilité, à la stabilisation de l’indemnité du trafic régional et à une participation plus élevée aux coûts subséquents liés aux investissements dans le réseau.
Il est de la responsabilité de la politique de concilier les projets et les finances, a souligné le président de la commission des transports, Peter Bieri. Des réflexions d’ordre financier, tels la constitution de nouvelles sources de recettes, le préfinancement par les cantons et le financement mixte Public-Private-Partnership, figurent au premier plan dans le cadre du projet ZEB II. Un état des lieux de la politique suisse des transports a montré que la structure de base de notre politique des transports était bien ancrée dans la perspective des développements à l’horizon 2030. L’enveloppe destinée au financement des investissements devrait s’élever à environ 1,5 pour cent du produit intérieur brut pour en assurer la fiabilité. Cette part mesurée à l’aune du PIB permettrait de suivre une politique de développement constructive, qui vise à couvrir les besoins particulièrement avérés en matière de mobilité.
Le ministre des transports Moritz Leuenberger s’est penché sur la question de savoir si l’Etat est encore un partenaire fiable s’agissant de la mise à disposition et du financement des infrastructures de transport. Il a souligné l’importance des transports publics et, plus globalement, des infrastructures de transport pour notre pays et indiqué les risques encourus au cas où le point de saturation des réseaux de transport serait atteint. Enfin, il a abordé la question des futurs importants projets d’infrastructures et de leur financement durable.
Les membres de la LITRA ont en outre confirmé le comité dans ses fonctions pour une nouvelle période administrative et l’ont complété par les nouveaux membres suivants: le conseiller national Tarzisius Caviezel (PRD/GR), le conseiller aux Etats René Imoberdorf (PDC/VS), la conseillère nationale Jacqueline Fehr (PS/ZH), le conseiller national Andrea Hämmerle (PS/GR), le conseiller aux Etats Claude Hêche (PS/JU), le conseiller national Fabio Pedrina (PS/TI), la conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS/VD), le conseiller aux Etats Konrad Graber (PDC/LU), le conseiller national Urs Hany (PDC/ZH), Bernard Guillelmon, directeur général de BLS SA, Nicolas Perrin, membre de la direction des CFF et responsable de Cargo CFF SA, Siegfried Gerlach, directeur général et délégué du conseil d’administration de Siemens Suisse SA, René Böhlen, responsable de l’information et de la politique des transports, membre de la direction de CarPostal Suisse SA, Frank Furrer, secrétaire général de l’Association des chargeurs VAP, Bernhard Kunz, directeur de Hupac Intermodal SA, Ulrich Sinzig, président de RAILplus SA.
|