Ruée sur les stations de vélos
litra. (27.9.2007) Dans la Suisse, les stations à vélos situées dans les gares sont très prisées. Par exemple, l’ouverture d’une troisième station à vélos en gare de Berne a permis de soulager un peu la situation très précaire aux alentours de cette gare. En même temps, un élément important du nouveau concept concernant la gare a pu être réalisé. Il prévoit la création, à proximité immédiate de cet édifice, de 1'500 places de parc surveillées et doit être opérationnel en 2010.
Des halles aux marchandises se trouvent à proximité de nombreuses stations de chemin de fer. Les activités pour lesquelles elles étaient conçues n’existent plus. Ces bâtiments pourraient donc être mieux utilisés. Vu que le transport de colis de détail a été confié à la société Cargo Domicile, les chemins de fer suisses n’ont plus besoin, à de nombreux endroits, de halles aux marchandises. En certains lieux, celles-ci peuvent se révéler très utiles en tant que stations à vélos, où ces derniers peuvent être garés à l’abri des voleurs. Un début a été fait à Aarau, Langenthal et Uster. Dans ces trois localités, les garages à vélos surveillés existent dans les gares depuis 1994/1995. 18 autres stations ont été créées depuis lors et d’autres sont projetées à Coire, Fribourg, Genève, Liestal, Morges, Yverdon et Zurich Stadelhofen.
Comme l’ont montré les enquêtes faites en Hollande, le pays du vélo par excellence, même les systèmes de sécurité les plus sophistiqués ne garantissent pas une protection totale contre les actes de vandalisme. De ce fait, les Chemins de fer néerlandais (Nederlandse Spoorwegen N.V.) n’offrent plus que des garages à vélos surveillés, qui ne servent pas qu’à parquer les vélos. Dans tout le pays, il est possible d’y louer des bicyclettes à des conditions avantageuses, d’y faire effectuer des petites réparations ou encore d’y acheter des vélos d’occasion. Etant donné que les heures d’ouverture des guichets des billets et des bagages sont constamment réduites en raison des mesures d’économie, un certain nombre de tâches sont transférées aux stations de vélos (la consigne des bagages, par exemple) car celles-ci sont ouvertes depuis le passage du premier jusqu’au dernier train.
Ce long temps de présence (avec des périodes de surcharge durant les heures de circulation des navetteurs) implique l’occupation d’un nombreux personnel. Il est fréquent que des stations de vélos soient ouvertes durant quelque 20 heures par jour, et cela aussi durant les fins de semaine. Par ailleurs, en raison de la situation centrale des gares, le prix des loyers est élevé. – les chemins de fer ont découvert il y a quelques années que les locaux situés dans leurs gares au centre des villes constituaient de véritables «mines d’or» ! Grâce aux programmes d’occupation de chômeurs et de chômeuses, de telles stations peuvent être exploitées de façon efficiente.
L’exemple de Berthoud... Chaque jour, environ 1’000 personnes se rendent en vélo à la gare de Berthoud. 59 pour cent d’entre-elles sont prêtes à payer pour que leur véhicule soit parqué à l’abri des voleurs. L’ancienne communauté d’intérêt IG Velo Burgdorf (aujourd’hui: Pro Velo Emmental) put installer en un temps très court une station à vélos de 200 places dans l’ancienne halle aux marchandises, en collaboration avec l’Office régional de placement et les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF). Une bonne douzaine de chômeurs en fin de droits ont ainsi la possibilité de vaquer à une occupation utile durant les heures d’ouverture (du lundi au jeudi, de 05h00 à 00h30, les vendredis et samedis, de 05h00 à 01h30 et les dimanches, de 06h00 à 24h00), donc pratiquement du premier au dernier train. Ce travail leur permet aussi d’être en contact avec le public. Les chômeurs et les chômeuses en fin de droits peuvent ainsi être réintégrés dans le monde du travail et redevenir des salariés normaux, disposant d’un contrat de travail. Des petits services (payants) sont offerts, tels que le nettoyage du vélo et le contrôle de la pression d’air. Sur demande, l’éclairage est contrôlé et au besoin réparé. De plus, la station de vélos de Berthoud loue des bicyclettes et des remorques à vélo. Toutes ces prestations rencontrent beaucoup d’intérêt.
Le service de livraison à domicile s’est aussi bien développé. À l’heure actuelle, jusqu’à 2’500 achats sont transportés gratuitement à domicile chaque mois, soit quatre fois plus qu’à la fin de l’an 2000. Les quelque 50 magasins participant à ce service paient une contribution annuelle, alors que les grands distributeurs Migros et Coop versent un montant fixe par livraison. Sous le nom «Pro Senum», la station de vélos de Berthoud propose également, à un tarif uniforme, une offre pour la planification, l’organisation et aussi, en fin de compte, le déménagement ou le débarras d’un appartement. Cette offre s’adresse en particulier aux personnes âgées, vivant seules et qui sont généralement plus ou moins dépouvues de moyens.
... et d’Interlaken Ouest La surveillance des vélos à la gare de Interlaken Ouest fonctionne d’une manière semblable. Sur proposition de l’inspectorat de police d’Interlaken, des chômeurs surveillent les vélos pratiquement depuis le départ du premier jusqu’à l’arrivée du dernier. L’Oeuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) a investi environ 15'000 francs pour transformer le rez-de-chaussée des ateliers de Bödeli dans lequel, au total, dix chômeurs et chômeuses sont occupés depuis le printemps 1997. En plus des rondes régulères de surveillance dans les locaux et sur tout le territoire de la gare, ces personnes nettoient les vélos et remédient aux problèmes d’éclairage de ces véhicules. Des discussions ouvertes avec les marchands de vélos locaux ont permis de faire en sorte que ces derniers ne se sentent pas concurrencés.
Encadrés
Des «Points-vélos» sont aussi prévus à Paris litra. La ville de Paris se dote aussi de stations de vélos surveillées. Créées en collaboration avec la Régie Autonome des Transports Parisiens, RATP, ces «Points-vélos», comme ils sont appelés dans la Ville-Lumière, ne sont pas seulement destinés à mettre les vélos à l’abri des voleurs, mais aussi à louer des vélos et à effectuer de petites réparations.
Une troisième station à vélos en gare de Berne litra. Depuis février 2000 déjà, la station de vélos surveillée «Schanzenbrücke», située sous la tête de pont du viaduc de la Lorraine, offre 140 places de parc qui sont surtout utilisées par les cyclistes habitant dans le quartier de la Länggasse ou y travaillent. En avril 2003, lors de la transformation de la gare, une deuxième station à vélos surveillée put être ouverte dans les anciens locaux de l’acceptation des bagages sis au Bollwerk. Elle offre 220 places surveillées. L’offre est complétée par la mise à disposition de casiers à bagages (les grands pour pendre les vêtements mouillés, les petits pour réduire le casque) et par un service de réparations (nettoyage, changement de pneus, réparation de chambres à air, réparation de l’éclairage). La station «Milchgässli», qui compte aujourd’hui 418 places, put être ouverte à la mi-mai. Jusqu’à la fin de l’année 2007, un troisième palier devrait permettre d’augmenter la capacité à plus de 500 vélos. Plus tard, la station de vélos «Ouest», forte de quelque 800 places, devrait être mise en service près de l’accès aux quais depuis le pont de la Schanze (Schanzenbrücke). Enfin, sur la place qui recouvre les voies de la gare et qui fait office de place de parc pour les voitures, environ 100 places de parc seront aménagées pour les scooters et les voitures à propulsion électrique.
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